Le processus de production s'effectue par la combinaison entre eux de certains biens et services qui sont les facteurs de production. Cette intervention des facteurs ne préjuge pas du système économique qui les met en œuvre.
On distingue en analyse économique deux sortes de facteurs : le travail et le capital. Un autre élément, la « nature », était naguère distingué des deux facteurs précédents ; il a été peu à peu assimilé au capital. Par contre, on tend à identifier dans le facteur travail un élément particulier, qui est le service rendu par l'entreprise : ce facteur entreprise est de première importance dans le processus de production:
L'étude des facteurs a deux aspects en science économique : ils sont à l'origine de la création des biens et des services destinés à la satisfaction des besoins, et d'autre part leur rémunération assure aux divers agents économiques les revenus qui leur permettent d'acquérir ces biens et ces services. L'étude des facteurs est donc à la base de l'analyse de la production et de la répartition.
Chaque facteur de production doit être étudié en tant que tel : ses caractéristiques, son marché, son prix, les relations qu'il a avec l'agent économique qui l'utilise, etc. D'où les études sur le travail et sur le salaire, le capital et l'intérêt, l'entreprise et le profit.
Ces analyses doivent être complétées par celle de la combinaison des facteurs. Cette analyse revêt un double aspect, un aspect technique et un aspect économique.
L'analyse a un aspect technique, car la production d'un bien ou d'un service n'est pas possible selon une gamme indéfinie d'agencements entre les facteurs, dans un état donné de la technique. Un certain nombre d'agencements sont techniquement possibles, mettant en jeu les divers facteurs selon des quantités approximativement fixées.
Mais les diverses formules ainsi déterminées ne sont pas toutes économiquement possibles : certains facteurs peuvent ne pas être disponibles ; certaines formules conduisent à un coût de production inadmissible compte tenu des conditions du marché. L'entreprise doit donc procéder à un calcul économique afin de préciser l'agencement technique qui doit être retenu, la combinaison dont le coût est minimal. On aboutit ainsi à la détermination d'un certain rapport entre les quantités des facteurs, ce rapport permettant d'obtenir le coût le plus faible possible pour un niveau de production donné.
En fait, un processus complet de production comporte souvent un nombre important de combinaisons simples. Cet ensemble de combinaisons est à étudier de la même manière que chacune de ses composantes. Le résultat de cette étude se traduit par un schéma d'organisation, qui, sans modifier les agencements techniques, précise leur liaison et éventuellement l'importance respective des diverses combinaisons simples dans le processus complet.
Complémentarité et substitution.
L'étude de la combinaison des facteurs, est amenée à prendre en considération deux propriétés que peuvent posséder ces facteurs, la complémentarité et la substituabilité.
Sont complémentaires deux facteurs qui doivent être combinés ensemble pour donner une production déterminée. Travail et capital sont complémentaires. Cette complémentarité peut être plus ou moins stricte ; et à l'intérieur même d'une grande catégorie de facteur, il peut exister une complémentarité plus ou moins poussée entre divers types de travail et divers types de capital. Un produit donné ne pourra par exemple être obtenu qu'avec telle et telle machine, tant d'ingénieurs, tant d'ouvriers de telle qualification, etc.
Sont substituables deux facteurs, si pour obtenir un produit donné en quantité donnée, on peut remplacer une fraction de l'un par une fraction de l'autre. La substitualité entre fadeurs est très désirable économiquement ; si le prix de la main-d'œuvre est moindre que celui de la machine, à productivité égale, l'entrepreneur aura intérêt à remplacer du capital par du travail.
Mais techniquement l'opération n'est pas toujours possible, ou du moins son importance est souvent limitée, notamment par la loi des rendements non proportionnels.
Fonctions de production.
L'analyse de ces diverses propriétés des facteurs dans la combinaison s'effectue au plan théorique par l'étude des fonctions de production qui précisent la relation entre capital et travail. Elles peuvent constituer, notamment au plan macroéconomique de la production nationale, un moyen d'étude du rôle respectif des divers facteurs. En effet leur présentation qui est d'une formulation aussi simple que possible, permet de traduire les résultats d'une situation globale, sans pour autant expliquer les phénomènes qui ont créé cette situation.
Au plan microéconomique de l'entreprise, l'étude par la fonction de production est plus incertaine, car la fonction de production est rarement continue : il existe pour une produc tion donnée des combinaisons où la substitution des facteurs est possible et d'autres pour lesquelles la proportion ne peut varier. C'est pourquoi la fonction de production reste un outil très discuté dans la théorie microéconomique.
Au plan macroéconomique également, bien que l'utilisation de la fonction soit chose courante, le principe en est fort contesté : entr'autres raisons avancées, on relève que la grandeur figurant dans l'expression n'est pas du capital physique, mais du capital monétaire, dont la productivité n'a pas de sens. Dès lors l'utilisation des fonctions de production pour l'étude des rémunérations de facteurs et de la répartition n'aurait pas non plus de sens.
Commerce international.
La théorie du commerce international fait jouer un rôle important aux facteurs de production.
De même que la division du travail entre les entreprises s'effectue dans l'espace national selon les aptitudes qu'ont ces entreprises à utiliser au mieux les divers facteurs dont elles disposent, de même entre nations, il s'instaure une division du travail ou plus précisément une spécialisation dans la production pour laquelle existe une abondance relative des facteurs nécessaires à cette production.
Si par exemple un pays est bien pourvu en mines aisément exploitables, les coûts de sa production de minerai seront plus faibles qu'ailleurs, et l'avantage qui en résulte amènera le pays à se spécialiser dans cette production pour en fournir les autres pays moins bien pourvus.
Dans cette perspective, l'échange international se traduit en fait par un échange de facteurs de production abondants contre des facteurs rares.
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