On peut définir l'inflation comme la hausse du prix des biens et des services dans l'économie, hausse généralisée, et qui se manifeste pendant une assez longue durée. Ces deux points sont importants pour qualifier l'inflation. Une branche d'activité peut connaître une forte expansion pendant une longue période, expansion accompagnée de hausse des prix de ses produits, sans pour autant que l'ensemble de l'économie soit en situation inflationniste. De même une hausse à peu près générale des prix, mais temporaire, n'est pas à proprement parler un mouvement inflationniste.
Les phases de hausse et de baisse des prix peuvent se succéder assez régulièrement ou non. La régularité de cette succession était habituelle au siècle dernier, et ne donnait pas lieu à des poussées inflationnistes, sauf sur des périodes très longues, de plusieurs dizaines d'années au cours desquelles l'inflation n'était que très peu perçue par les agents économiques.
À l'époque actuelle, et en raison du contrôle des mouvements économiques par l'Etat, cette succession de hausse et de baisse de prix a pratiquement cessé pour faire place à un mouvement de hausse à taux plus ou moins élevé. Dans toutes les économies industrialisées où le plein emploi du travail est devenu le premier objectif, la puissance publique redoute, à juste titre, les phases de déflation, c'est-à-dire de longue période de baisse de prix, ou même de simple récession. En entraînant une diminution de l'activité, elles provoquent l'apparition et le maintien d'un pourcentage de chômage plus ou moins fort.
D'un autre côté, l'existence de période longue de hausse des prix, c'est-à-dire d'inflation, n'est pas moins nocive pour l'économie nationale. La science économique doit donc chercher les causes de ce phénomène et lui trouver des remèdes. La croissance économique en dépend.
Incidences de l'inflation.
D'un strict point de vue économique, en écartant toute considération morale ou politique, on peut imaginer que l'inflation n'entraîne pas d'inconvénient majeur dans l'activité économique. Mais cela suppose une condition jamais réalisée : la hausse des prix des biens et des services doit être réellement générale et identique dans tous les secteurs d'activité.
Cette hausse doit exister dans les diverses économies nationales au même taux ; les diverses rémunérations de facteurs progressent au même rythme (or il existe des revenus fixes, ou qui changent peu et lentement). Cela signifie que les comportements de tous les agents économiques à l'égard du mouvement des prix dans le futur sont identiques.
Comme ces conditions ne sont pas réalisées, les désajustements qui se produisent, difficilement supportables socialement, donnent les inconvénients suivants, contraires à la croissance normale de la production.
La consommation globale se ralentit sous l'effet des hausses de prix et de l'inégale répartition des conséquences de l'inflation (baisse relative de certains revenus) ; ou bien à l'inverse elle gonfle exagérément en raison d'anticipations défavorables quant à la valeur de la monnaie. L'investissement connaît en général le second phénomène : l'entreprise est poussée par la hausse des prix à prévoir une augmentation des profits et donc à se donner d'abondants, de trop abondants moyens de production.
L'effet le plus visible et le plus décisif est celui que subit l'échange extérieur, avec l'accroissement des importations causé par les besoins accrus de l'économie, dans un premier temps, et une réduction progressive des exportations devenues trop chères.
Le résultat est une asphyxie plus ou moins rapide de l'économie et l'impossibilité de poursuivre le rythme de l'expansion
Origine de l'inflation.
Les effets diffèrent évidemment selon l'origine et l'intensité des poussées inflationnistes. On distingue en général deux origines à l'inflation, en mettant l'accent sur la demande globale ou sur les coûts de production.
I. -— La hausse des prix dans le premier mécanisme est déclenchée par une pression de la demande sur l'offre globale ; celle-ci, en situation de plein emploi des facteurs de production, est incapable de faire face aux besoins en biens et services correspondants. Le déséquilibre ne peut être supprimé que par une augmentation des prix de ces biens et de ces services. La poussée inflationniste s'amplifie et s'étend aux revenus distribués par les firmes désireuses d'accroître leur production ; ces revenus accrus grossissent eux-mêmes encore la demande avant qu'une production supplémentaire soit dégagée.
Cet excès de demande initial peut avoir diverses causes, notamment un excès de crédit accordé à l'économie par le système bancaire, un déficit budgétaire important, etc. Ces causes sont à considérer si l'on veut apprécier la forme et la direction de la poussée inflationniste, mais l'important est de savoir si l'économie se trouve en situation de plein emploi et cela n'est pas aisé à apprécier.
IL — La hausse des coûts de production est la seconde cause possible d'inflation ; cette hausse, sur les matières premières importées par exemple, ou sur les salaires à la suite de mouvements sociaux, entraîne une hausse des prix de revient et amène en général les entreprises à majorer leur prix de vente. Le cycle de hausse est alors amorcé ; il se poursuit par une progression parallèle des prix des produits et des salaires.
Dans ce cas, l'économie ne part pas forcément d'une situation de plein emploi des facteurs. C'est ce critère qui permet la distinction entre les deux mécanismes décrits. Cela pose un problème à l'analyse économique dans la mesure où la notion de plein emploi n'est pas aisée à délimiter, et où certains secteurs peuvent connaître le suremploi et d'autres simultanément le sous emploi. Il est cependant utile sinon indispensable d'apprécier la nature des poussées inflationnistes pour pouvoir y remédier.
Politique anti-inflationniste.
Les instruments de politique économique à appliquer pour enrayer l'inflation sont différents selon son origine.
Une demande globale trop importante doit conduire à des actions de restriction sélective du crédit, moins à la consommation, plus à l'investissement, à des ponctions fiscales, à l'établissement de l'équilibre budgétaire, en même temps qu'à des efforts appropriés sur les goulots d'étranglement dans la distribution et dans la mobilité de la main-d'œuvre.
La hausse rapide des coûts, second facteur d'inflation, ne s'accommode pas des mêmes remèdes. L'action doit être menée directement à l'encontre de la poussée de hausse, en pratiquant une politique des revenus aussi restrictive que possible, si les salaires sont à l'origine de la hausse. Si par contre ce sont les augmentations enregistrées sur les importations qui provoquent la hausse, la panoplie des moyens de lutte est pratiquement très réduite.
En fait, d'autres remèdes apparaissent nécessaires, pour conserver l'économie en bonne santé. Le problème est de faire progressivement disparaître ce qui dans l'économie favorise la naissance et le développement de l'inflation.
Il existe en effet des structures plus propices que d'autres à la hausse des prix (pénurie en certaines ressources naturelles, lenteur des distributions, absence de mobilité des facteurs, anticipations systématiquement favorables à la hausse des prix, etc.).
L'analyse économique est moins à l'aise dans ce domaine que dans l'étude conjoncturelle, car elle met en cause des mœurs ou des comportements qu'elle n'a pas vocation à amen der ou à faire disparaître. Elle peut simplement chercher à évaluer le taux de croissance de la productivité qui devrait constituer la limite à la croissance des coûts.
Dans la réalité, cette limite est depuis longtemps dépassée, ne serait-ce que par suite de l'exigence non moins stricte du plein emploi, et la croissance s'effectue dès lors avec accompagnement d'une inflation quasi permanente, qui constitue pour la science économique un véritable défi. Finance Facile vous propose les liens suivants
Tout le monde mérite d'être riche : Ou tout ce que vous n'avez jamais appris à l'école à propos de votre argent
Finance d'Entreprise 2009 - 7e ed.
Exporter : Pratique du commerce international
Comprendre la finance : Pour les non-financiers et les étudiants
Guide d'investissement sur le marché de l'Or
|