La consommation est la destruction de biens et de services pour la satisfaction des besoins de l'individu. Son étude justifie tous les développements de la science économique, puisque production et répartition des biens sont préalables à l'acte de consommation et ne se pensent pas en dehors de lui.
Liée aux besoins, la consommation est le fait du ménage et accessoirement des collectivités publiques, dans la mesure où celles-ci sont considérées comme utilisatrices de biens finals. Les entreprises ne font pas acte de consommation puisque leur demande porte sur des biens destinés à transformation ultérieure. Les biens de consommation peuvent être fongibles, c'est- à-dire d'un seul usage, la nourriture, ou d'usage durable, le vêtement.
L'étude de la consommation se situe naturellement au niveau du ménage et de son comportement ; mais comme pour consommer, il faut produire et acquérir les biens en cause, l'étude de la consommation trouve sa place dans l'analyse du produit et du revenu et dans les politiques de croissance.
Le ménage et son calcul de consommation.
La consommation du ménage est le résultat d'une décision : la quantité de biens et de services dont l'agent peut disposer est limitée d'abord par la rareté des ressources à tout moment, et ensuite par l'étendue du revenu de l'agent et le niveau des prix des biens. Le ménage prend sa décision en tenant compte de divers éléments : la satisfaction que peut lui procurer une consommation supplémentaire présente doit s'équilibrer avec celle qu'il peut retirer de l'épargne (ce qui oblige le ménage à opérer un partage dans son revenu entre épargne et consommation). De plus la satisfaction présente doit être aussi grande que possible, et cet objectif n'est obtenu que si les satisfactions qu'on peut retirer de petites dépenses supplémentaires en acquérant chacun des divers biens s'équilibrent entre elles.
En fait, la décision du ménage ne se décompose pas aussi explicitement en une décision portant sur l'épargne puis en une décision relative aux quantités de biens à consommer. A. un moment donné en effet, le volume de l'épargne est pour une large part déjà fixé par des décisions antérieures (épargne contractuelle) ou des décisions d'autres agents (épargne forcée), ce qui ne permet pas le jeu libre des satisfactions. D'autre part, les choix opérés entre biens présents et biens futurs ont forcément une incidence sur les choix à opérer entre biens présents et vice versa.
Les enquêtes de comportement et les mesures statistiques apportent des précisions sur la notion bien théorique de satisfaction et d'utilité. Une relation existe entre niveau de consommation et revenu du ménage qui est précisée par les lois d'Engel : si le revenu du ménage augmente, la consommation croît en valeur absolue, mais diminue en valeur relative. Le titulaire d'un revenu élevé a donc tendance à épargner proportionnellement plus que celui qui a un faible revenu. Par ailleurs le niveau de consommation varie différemment selon la nature des biens et des services : la consommation des biens de première nécessité augmente beaucoup moins vite que celle des autres biens, quand le revenu augmente.
Une autre relation s'établit entre consommation et prix des biens. L'analyse économique, pour rendre compte de cette relation, définit l'élasticité de la consommation par rapport au prix du bien : c'est le rapport entre les taux de variation simultanée de la quantité du bien et de son prix. De même que pour la relation au revenu, les biens de première nécessité n'ont pas la même élasticité que les autres biens. Les biens alimentaires sont très peu élastiques, les biens de confort le sont beaucoup. On peut, par là, comprendre pourquoi des pro duits, dont les prix ont fortement baissé sur une période assez longue, voient leur quantité consommée baisser également.
En poursuivant l'analyse de la consommation du ménage, on est amené à souligner encore divers éléments qui interviennent pour fixer le niveau de la consommation.
L'existence d'une complémentarité entre divers biens ou au contraire d'une possibilité de substitution entre biens explique l'évolution similaire ou opposée de la consommation de certains groupes de produits.
Par ailleurs agissent sur la consommation du ménage des facteurs sociopsychologiques, comme la catégorie socioprofessionnelle, l'environnement qui crée les phénomènes d'imitation ou de répulsion, et surtout la composition du ménage (famille nombreuse ou non).
L'étude des comportements qui en résultent est efficacement poursuivie, car elle commande en bonne partie la prospective sur la consommation globale.
La consommation et la croissance.
L'importance de ces analyses sur la consommation s'explique par le fait que la consommation des ménages constitue l'emploi principal (près des deux tiers) du produit national, les autres étant la consommation des Administrations et l'inves tissement. On peut prévoir de façon précise la consommation administrative ; c'est donc l'évolution de la consommation des ménages qui permet ou non de dégager la part suffisante à i 'investissement.
Un second aspect de la réflexion consiste à considérer la consommation comme une composante de la demande globale de biens, l'autre élément étant l'investissement. Comme la propension des ménages à consommer plus ou moins varie quand le revenu change, la part que représente la consommation dans la dépense globale se modifie, et pour augmenter le revenu total il faut un investissement supplémentaire plus ou moins important. Pour réaliser cet équilibre nécessaire à la croissance, des précisions sur la liaison entre consommation globale et revenu sont indispensables.
L'analyse économique a construit pour cela des fonctions de consommation, qu'on vérifie statistiquement, et qui tentent d'intégrer des comportements d'anticipation ou de retard par rapport au revenu de la période considérée. Une grande prudence est nécessaire dans le maniement de ces relations, car selon les périodes étudiées, on aboutit à des résultats différents.
La consommation globale étant liée à la croissance, son évolution est un élément important de la politique économique. L'augmentation ou la réduction du produit et du revenu natio nal en dépendent. Et d'une façon plus précise, de la manière dont s'accroît la consommation, c'est-à-dire de la catégorie des revenus concernée par cette augmentation, dépendent les modalités de l'action à exercer sur l'investissement global.
Par exemple, si l'on modifie la répartition du revenu global au bénéfice des tranches de revenus les plus faibles, la consommation relative à ces revenus augmente et la consommation globale également. Il en résulte un accroissement du revenu national, sans que l'investissement ait pris part à cette évolution. Une politique de ce genre, amorcée par une création monétaire tendant à accroître les faibles revenus peut donc être substituée à une politique de croissance fondée uniquement sur la croissance de l'investissement global.
Les pouvoirs publics préfèrent la seconde procédure à la première en général, par crainte d'un excès de la demande et d'une insuffisance dans les capacités de réponse de l'offre globale. Dans certains pays toutefois, la consommation globale constitue une masse d'une telle inertie qu'elle est souvent à l'origine des mouvements de quelqu'ampleur malgré les contraintes qu'on exerce à son encontre.
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