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La politique économique.    

La politique économique peut être entendue comme l'ensemble des buts à atteindre par la société en matière de développement économique. Ces buts doivent être définis par des instances et selon des modalités dont l'étude relève de la science politique et non de la science économique.

Mais il ne suffit pas de définir des buts ; il faut être certain que ces buts sont compatibles et réalisables et il faut rechercher les procédures économiquement les meilleures pour par­ venir à ces objectifs. Ces démarches relèvent bien de la science économique, dont l'objet est l'administration des ressources en vue de la satisfaction des besoins.

Il est au surplus logique qu'à partir du moment où le pouvoir politique abandonne pour diverses raisons une attitude de laisser faire en matière économique et introduit toujours davantage d'options volontaristes dans ce domaine, la science économique soit amenée à étudier non seulement les mécanismes en tant que tels, mais aussi la manière de modifier ces mécanismes pour obtenir tel ou tel résultat. C'est dans ce sens qu'on entend le terme de politique économique.

Consistance de la politique économique.

Elle comporte des analyses essentiellement macroéconomiques, qui mettent en jeu les agrégats principaux dans leur évolution respective et par conséquent dans leur composition interne.

Si par exemple l'objectif est une augmentation de 5 % du produit global sur la période, les agrégats suivants sont concernés ; produit national, revenu, dépense, épargne, investisse­ ment, consommation, extérieur. En pratique donc, tous les grands agrégats sont intéressés d'une manière plus ou moins directe.

La capacité de production, donc l'investissement, doit être suffisante pour faire face à une consommation intérieure assez forte pour absorber la production nationale et l'importation, mais point trop forte cependant afin de laisser une épargne capable d'alimenter le financement des investissements, et de fournir à l'extérieur les exportations qui équilibrent la balance du commerce.

Si l'objectif comporte en outre l'accroissement des exportations, la politique économique doit analyser plus particulièrement la situation des secteurs directement concernés par le commerce extérieur. Elle doit en effet apprécier l'effort d'équipement à consentir dans ces secteurs, les freins à la consommation à mettre en jeu dans d'autres domaines, etc.

L'établissement de cette politique économique suppose de toute évidence une théorie économique élaborée sur les points importants non seulement de la macroéconomie, mais aussi de la microéconomie, et notamment sur l'économie de l'entreprise et les échanges interbranches.

En sens inverse, l'analyse économique théorique confronte ses hypothèses de départ et ses déductions aux observations relevées dans la réalité et aux résultats enregistrés à la suite des décisions de politique économique.

Instruments de politique économique.

De quels instruments dispose la puissance publique en matière de politique économique ? Ce sont ceux qui existent au niveau du budget, et des dispositions fiscales qui y sont incluses, au niveau de l'émission de la monnaie et du crédit, au niveau enfin des actions directes sur le produit réel ou sur le revenu national.

Passant en revue ces divers instruments, on constate que leur liste n'est pas fonction d'un système économique de type déterminé, centralisé ou décentralisé. Un Etat, quel qu'il soit, dispose en gros des mêmes instruments. La différence, résultant de la nature des systèmes, réside dans les possibilités de mise en œuvre des instruments.

Dans un système décentralisé par exemple, il est exclu que l'Etat puisse planifier intégralement les revenus. Dans un système centralisé, totalement planifié, l'Etat ne peut utiliser le taux de l'intérêt, car ce dernier n'existe pas au plan macro­économique ; et même s'il existait, il serait inutile puisque la collecte de l'épargne et les grandes options de l'investissement sont faites a priori, comme suite à des interventions directes sur l'économie.

I. — On retient parmi les actions possibles grâce au budget de l'Etat, celles qui concernent l'équilibre ou le déséquilibre budgétaire, en les associant à l'action sur l'inflation ou à la lutte contre la récession.

L'instrument budgétaire permet cependant des interventions plus nuancées et la science financière les étudie plus spécialement. La manipulation des recettes budgétaires conduit à un prélèvement sur le revenu national qui peut toucher telle ou telle catégorie de revenus. 11 s'ensuit un ralentissement des dépenses de consommation ou au contraire un freinage de l'épargne globale.

II. — L'action sur le crédit et la monnaie est importante ; on réduit d'ailleurs souvent et abusivement la politique économique à cette seule action.

Il s'agit ici d'accroître ou de restreindre la quantité globale de monnaie en circulation. L'activité économique nécessite pour se développer l'addition d'un certain volume monétaire tant fiduciaire que scriptural. La création de monnaie scripturale est le mode le plus naturel pour réaliser cet accroissement de flux monétaire.

L'Etat en assure le contrôle par divers instruments : taux de réescompte de l'Institut d'Emission, qui est un taux pilote pour les taux d'intérêt, couverture minimale des réserves bancaires, plafonds de réescompte, modalités diverses du crédit à l'entreprise et aux particuliers.

Cette gamme d'interventions est certes importante ; mais limitée 5 des manipulations strictement monétaristes et souvent trop globales, elle ne suffit pas en général à freiner par exemple des impulsions inflationnistes de quelqu'ampleur.

III. — Le troisième type d'action de politique économique est l'action directe sur la production et sur le revenu national.

L'incidence sur le revenu national provient surtout de la politique budgétaire, par le budget de l'Etat ou le budget social. Par la modification directe et immédiate provoquée dans la répartition des revenus, la demande finale est changée dans le sens désiré.

L'action sur le produit global en nature ou produit réel peut être menée au niveau du commerce extérieur, en augmentant ou réduisant les importations ou certaines d'entre elles, en stimulant certaines exportations au détriment d'autres. Elle peut aussi être dirigée sur certains secteurs pilotes de l'économie ou bien au contraire sur des branches où se manifestent des goulots d'étranglement dans la croissance de l'offre.

Ce dernier type d'action est sans conteste le plus difficile à mettre en œuvre. Il suppose en effet le plus souvent une modification des structures ou pour le moins une manipulation des prix, actions qui se heurtent aux coutumes ou obligent parfois à des changements dans les législations.

C'est la raison pour laquelle la science économique, une fois l'objectif fixé par le pouvoir politique, cherche à utiliser toutes les fois que cela est possible la gamme la plus étendue possible des instruments de la politique économique. Elle n'est malheureusement pas toujours suivie.


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