Les processus de production donnent naissance aux revenus qui permettent l'acquisition des biens produits. La ventilation du revenu global entre les groupes et les individus qui ont participé à cette production constitue la répartition des revenus.
Cette répartition primaire qui peut s'analyser au niveau global entre grandes catégories de facteurs, et au niveau individuel entre les agents économiques eux-mêmes, fait apparaître de tels écarts entre revenus que l'inégalité justifie une action de la puissance publique à son encontre. La théorie économique en effet ne permet pas de supposer que l'évolution naturelle des mécanismes provoque dans la longue période une réduction progressive de ces écarts de revenus.
La redistribution des revenus est donc une répartition secondaire plus équitable du revenu national, consécutive à une politique délibérée de l'Etat.
Quels en sont les motifs ? Outre l'effort en vue d'une société idéale il existe des raisons purement économiques à cette politique de redistribution. L'inégalité de revenus provoque une dépense de consommation réduite, la constitution d'une épargne oisive chez les revenus les plus élevés, donc une limitation ou une diminution de la demande globale, en fin de compte un ralentissement de la croissance nationale.
Les risques provenant d'une redistribution importante peuvent être à l'inverse une augmentation rapide des dépenses de consommation, et une réduction de l'épargne globale.
11 est donc nécessaire de mettre une certaine prudence dans la politique de redistribution, dont au surplus les techniques d'exécution peuvent elles aussi comporter des inconvénients.
Que sont ces techniques de redistribution ?
Il faut distinguer les mesures qui s'exercent au plan global et celles qui sont prises au niveau des ménages.
Au plan global, l'action de l'Etat s'exerce sur les conditions de formation des rémunérations des facteurs de production :
sur le salaire, en réglementant, partiellement ou totalement, les barèmes de salaires et notamment le salaire minimum, en instituant l'échelle mobile des salaires, etc. ;
sur le revenu des entreprises les plus défavorisées, notamment l'entreprise agricole, par le soutien des prix de production ;
sur le revenu des capitalistes, en bloquant ou limitant les loyers.
Dans une économie centralisée, on ne peut guère parler de répartition primaire, puisque la ventilation du revenu global est planifiée a priori, ce qui rend inutile l'action de redistri bution au plan macroéconomique, en théorie tout au moins.
Au plan microéconomique de la redistribution appliquée aux ménages, l'Etat met en œuvre une politique de transfert de revenus de deux manières : par le budget et par les prestations sociales.
Dans les deux cas, la méthode est la même : un prélèvement est effectué sur la totalité des revenus ou une partie d'entre eux, en principe les plus élevés, et une prestation est accordée en faveur des agents les moins favorisés.
La prestation est collective, comme celles qui relèvent, de la Santé et de l'Enseignement, ou individuelle, comme celles qui concernent la maladie ou la vieillesse.
Elle peut être passive comme les aides à la production, les subventions du transport, ou active comme les allocations familiales.
L'important dans cette opération est de savoir si le résultat en est positif pour les revenus les plus faibles. Le problème, essentiellement statistique, est délicat, et non encore résolu.
D'autre part, les incidences de cette redistribution sur l'économie globale ne peuvent être négligées. Elles concernent d'abord la proportion entre consommation et épargne. On a pu redouter qu'un prélèvement trop important sur les revenus élevés ou les profits entraîne une réduction de l'épargne, donc des possibilités d'investissement, face à une demande accrue de biens de consommation, en provenance des faibles revenus bénéficiaires de la redistribution.
De même on a redouté que la prestation, non causée par la production, nuise à la croissance de la productivité, et finalement à l'accroissement des ressources. On continue de penser que la surcharge supportée par l'entreprise, du fait de la redistribution crée pour elle une situation difficile à l'égard de concurrents extérieurs moins frappés.
Tous ces risques sont, semble-t-il, acceptables pour l'économie, dans la mesure où l'opération de redistribution est une opération réussie.
Finance Facile vous propose les liens suivants
Tout le monde mérite d'être riche : Ou tout ce que vous n'avez jamais appris à l'école à propos de votre argent
Finance d'Entreprise 2009 - 7e ed.
Exporter : Pratique du commerce international
Comprendre la finance : Pour les non-financiers et les étudiants
Guide d'investissement sur le marché de l'Or
|