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Le coût    

On peut définir le coût, d'une manière générale, comme la valeur des biens et des services utilisés pour réaliser un but donné, soit une production, soit une consommation.

Cette définition doit être complétée pour trouver sa place dans la théorie économique. Le coût n'est pas une notion première, il est la conséquence de la rareté ; en effet, cette rareté, qui oblige à des choix dans l'espace comme dans le temps, force l'agent économique à faire des sacrifices, c'est-à-dire à subir des coûts.

Même si les ressources étaient libres, en quantité non limitée, l'agent dont les capacités d'utilisation et les disponibilités de temps sont limitées, serait encore amené à des choix, donc à des sacrifices générateurs de désutilité selon l'expression habituelle. Le coût est la traduction en monnaie de cette désutilité.

La rareté affecte tous les secteurs de l'économie, le coût intéresse donc toutes les opérations économiques, production, répartition, consommation. Pour la consommation, le coût est représenté par la valeur des biens et services utiles à la satisfaction des besoins solvables de l'agent, c'est-à-dire de ceux qui impliquent un échange monétaire. C'est en fonction de ce coût que l'agent effectue le calcul relatif à l'emploi de son revenu.

Pour la production et la distribution, l'analyse est plus compliquée, en raison de la diversité des aspects soulevés par le processus de production.

Le coût de production peut être en totalité une donnée pour l'entrepreneur : celui-ci doit alors chercher à rendre maximal le volume de production grâce à un arrangement correct des facteurs de production. Une autre situation est celle où le producteur désire obtenir un volume donné de production, et cherche à réaliser la combinaison qui rende le coût minimal.

Cette approche de la notion de coût est pratiquée dans de nombreux calculs de programmation des facteurs. On en retien­ dra que le coût global est une somme de coûts de facteurs de production, dont chacun évolue différemment quand la production varie.

Cette remarque conduit à formuler une distinction importante en théorie économique, entre le cas où certains coûts, ceux des biens d'équipement, restent inchangés quelle que soit la production entre deux niveaux donnés, et le cas où tous les coûts varient, l'entrepreneur modifiant ses équipements pour augmenter la production et bénéficier du progrès technique.

La distinction porte sur les coûts en courte période et les coûts en longue période.

Les divers coûts en courte période.

En se plaçant dans une optique de courte période, la firme ne modifie pas ses équipements lorsque le volume de sa production augmente. Il est clair que les possibilités d'accroisse­ ment de cette production sont limitées par la capacité de l'équipement.

Les coûts se ventilent dès lors en coûts fixes, ceux de l'équipement, et en coûts variables, qui sont notamment les salaires et les coûts de matières premières, dont le montant suit en gros la progression de la production. Le calcul du producteur s'effectuera plus aisément en étudiant les coûts par unité de produit, ce qui permet de définir le coût fixe moyen, qui décroît au fur et à mesure que la production augmente, et le coût variable moyen, qui décroît d'abord, puis augmente quand la quantité de produit se rapproche de la capacité totale des équipements.

L'étude de ces divers coûts est essentielle. Le profit de la firme égale l'écart entre coût global et prix de vente, et selon l'évolution de ce coût global le profit pourra ou non être accru.

On conçoit alors que la gestion est d'autant plus aisée que le coût variable moyen reste aussi constant que possible, car des variations brusques de la quantité de production ne risquent pas d'entraîner des risques graves pour le profit. Cette quasi constance des coûts variables moyens tient surtout à la structure de l'entreprise, qui permet de maintenir dans une stricte proportionnalité quantités de produit et quantités de facteurs.

Cette remarque ne donne pas toutefois le moyen propre à rendre le profit de la firme maximal. Il faut ici mettre en cause la notion de coût marginal, ou coût provoqué par la production d'une unité supplémentaire de produit. C'est en effet lorsque ce coût marginal sera égal à la recette marginale provenant de la vente de la dernière unité produite, que le producteur réalisera le gain maximal puisque toute production accrue, en augmentant le coût marginal, réduira son profit.

La théorie économique de l'entreprise est pratiquement basée sur cette notion de coût marginal. Cela est vrai pour une situation de concurrence sur le marché : pour un prix donné, le producteur peut fixer le volume de production qui lui donne le gain maximal ; il produira jusqu'à égaliser son coût marginal et le prix du marché. Il peut préciser ainsi sa courbe d'offre qui n'est autre que la courbe de coût marginal.

Cela est vrai également pour une situation de monopole ou de quasi monopole du marché.

Une conséquence de l'étude en termes de coût marginal est la fixation du prix de vente des productions de certaines entreprises publiques à un niveau égal à leur coût marginal.

Par ce moyen, l'intérêt de la collectivité est porté à son maximum ; l'usager est exonéré de la charge des coûts fixes de la production, cette charge étant prise en compte par le budget de la collectivité. Les coûts en longue durée.

L'analyse précédente s'applique en raisonnant à partir d'un équipement donné et inchangé de la firme. En réalité, fort souvent, le producteur est amené à envisager une situation où, pour satisfaire la demande de ses produits, il doit modifier ses équipements. Il se place dès lors dans une optique dite de longue période dans laquelle son action se développe sans subir la contrainte d'équipements invariables.

A partir du moment où l'augmentation de la production oblige la firme à changer son échelle de production par modi­fication des installations, tous les coûts varient avec la production. Il n'existe plus de coûts fixes. L'étude du producteur n'est pas fondamentalement différente de l'étude précédente ; il est amené en cherchant à rendre maximum son profit à détermi­ ner son coût marginal et à fixer son volume de production de telle manière que coût marginal égale recette marginale.

COUTS ET É CHANGE8 INTERNATIONAUX.

La notion de coût, basée sur la rareté des ressources dans l'économie, est à la base des échanges et de leurs modalités dans la vie économique nationale ; il est logique qu'il en soit ainsi pour les échanges entre nations.

Dès l'origine de la théorie économique, la notion de coût relatif entre productions nationales est apparue comme fondamentale pour les échanges. Le principe est simple : si deux pays produisent deux biens, ils exporteront chacun le bien dont le coût comparé sera le plus faible.

Par exemple, si dans le premier pays, le blé est deux fois moins cher et le maïs seulement un tiers moins cher que dans le second pays, le premier exportera du blé et importera du maïs ; autrement dit, chaque pays tendra à se spécialiser dans la production pour laquelle il a le meilleur rendement, ou le moins mauvais.

Cette théorie des coûts comparés a été complétée et compliquée par la suite, mais elle reste d'actualité. Elle n'est au surplus qu'une traduction du principe de la spécialisation des productions.


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