Le terme a une signification bien précise qui oblige à l'étudier spécialement. Dans l'analyse des grandeurs caractéristiques de l'économie nationale, on retrace les opérations d'une période donnée par des comptes traduisant les diverses formes de l'activité des agents. En totalisant les comptes relatifs à un aspect donné des échanges, on obtient un ensemble ou agrégat de ces comptes. Le revenu national, qui est un des agrégats, est la somme des revenus des facteurs de production pendant la période considérée : ces revenus sont donc les salaires et traitements, les charges sociales des entrepreneurs, les intérêts et les dividendes, les profits des sociétés et les revenus fonciers et immobiliers.
On peut déduire de cette notion divers ensembles statistiques utiles à l'analyse. Le revenu national est la contrepartie exacte de la valeur de la production globale, amortissements et impôts indirects déduits, c'est-à-dire le produit national net « au coût des facteurs ». C'est une valeur nette, car on n'y inclut pas les amortissements nécessaires au maintien du capital national. A partir de cet agrégat, on calcule le revenu des particuliers ou des ménages dont l'étude est l'un des principaux objets de la comptabilité nationale. Ce revenu des ménages s'obtient en retranchant du revenu national les revenus n'allant pas à des ménages et en lui ajoutant certains transferts comme les allocations de chômage. L'importance du revenu des particuliers tient au fait que c'est à partir de cet agrégat que s'effectue la ventilation entre consommation et épargne des ménages.
La notion de revenu national est indispensable à une bonne compréhension de l'activité nationale ; si l'on ne dispose que du produit national, on juge seulement les faits de production, et on apprécie les relations et les déséquilibres possibles entre branches d'activité. Le revenu national, en renseignant sur l'importance relative des participations des facteurs à la production, permet d'analyser mieux la capacité de production de l'économie. Surtout, il donne la possibilité de mesurer l'évolution des ressources des diverses catégories d'agents et de déterminer les limites d'une politique fiscale ou salariale.
ROLE DE LA NOTION DE REVENU NATIONAL.
Dans une économie monétaire, où les échanges s'effectuent grâce à la monnaie, le revenu national est au centre de la théorie sur l'équilibre de l'économie. Il est la somme des dépenses de consommation et d'épargne pendant la période, et en même temps il est la contrepartie en valeur du produit global, biens de consommation et investissements. L'équilibre, c'est-à-dire l'ajustement entre le revenu global monétaire et le volume réel en biens et services, se réalise de diverses manières :
Le mode de financement de l'investissement influe de façon décisive sur le montant du revenu monétaire. Selon que l'investissement se forme à l'aide de l'épargne existante ou qu'il oblige à une variation de monnaie circulante au cours de la période, le montant du revenu formé sur la période reste inchangé ou s'élève.
La modification du revenu monétaire global, entraînée par la différence entre épargne et investissement projetés, s'accorde plus ou moins à une variation de même sens du total des biens disponibles sur la période, dans la mesure où les structures de l'économie sont assez souples en matière de facteurs de production et de distribution. L'élasticité de l'offre de facteurs et de l'offre de produits est ici dominante, notamment dans les secteurs clés de l'activité.
L'ajustement entre quantités monétaires et quantités réelles de biens s'accompagne naturellement de mouvements des prix. Ce mouvement n'est pas forcément la conséquence et la conclusion de cet ajustement. Le mouvement des prix ou de certains prix dans l'économie peut précéder les mécanismes de l'ajustement et les modifier. C'est le cas par exemple lorsque les consommateurs anticipent une hausse ou une baisse du prix. Le niveau des prix est modifié en même temps qu'est bouleversé le programme d'épargne globale, et les ajustements entre quantités s'effectuent ensuite.
C'est en combinant les incidences des variations de prix, ou comme on le dit les effets de prix, aux effets de revenu à travers le temps que la science économique s'efforce de décrire l'activité économique et. sa croissance.
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