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Modèle (économétrique)

   

On pourrait penser que la notion de modèle, maintenant courante en science économique, est très ancienne, que par exemple les économistes du xvm 0 siècle, en bâtissant un tableau économique de l'activité nationale, faisaient un modèle sans le savoir. C'est inexact en ce sens que le modèle est plus exigeant dans sa définition et sa formulation.

Le modèle est une construction simplifiée, qui cherche à représenter la réalité économique sous son aspect chiffré. De plus, le modèle est le résultat d'une réflexion théorique appuyée et contrôlée par les mesures statistiques.

Tout modèle est donc, par nature, économétrique, l'économétrie étant la théorie économique basée sur la mesure effective chiffrée des phénomènes.

Un modèle, représentation de la réalité, doit permettre de mieux saisir les phénomènes, doit expliquer la réalité et doit permettre aussi de la modifier.

Le modèle doit permettre de mieux saisir les phénomènes.

La description littéraire du phénomène, même détaillée, reste encore imprécise ; le modèle va la préciser. 11 est constitué sous la forme d'une ou plusieurs relations entre la variable qu'il faut étudier, la consommation par exemple, et une ou d'autres variables qui agissent sur la première pour la déterminer, par exemple le revenu. Nous pouvons dire d'une manière approximative que la consommation est proportionnelle au revenu. Mais il est mieux de chercher le taux de proportionnalité. Les mesures statistiques permettent de le déterminer et de le chiffrer, et le phénomène consommation est beaucoup mieux connu.

Toutefois le revenu n'est pas seul à agir sur la consommation ; mais ne connaissant pas les autres variables agissantes, ou exogènes comme on les appelle, l'économiste introduit dans la relation un élément représentant ces divers facteurs non spécifiés, la valeur de cet élément additionnel variant dans un intervalle qu'on peut déterminer.

On est donc à même non pas de dire avec certitude ce qu'est la consommation quand le revenu prend telle valeur, mais de dire avec une probabilité connue que cette consommation est comprise entre telle et telle valeur.

Le modèle permet de mieux expliquer la réalité.

Si l'on reprend l'exemple consommation-revenu, il est sûr que le modèle ainsi fait n'est guère explicatif. Une seule variable exogène est insuffisante, quand d'autres éléments comme le prix des produits, la composition de la famille s'il s'agit d'un ménage, etc., agissent sans doute aussi. On doit donc intégrer ces nouvelles variables dans le modèle. Un problème se pose : ces nouvelles variables apportent-elles quelque chose de neuf, « enrichissent-elles » le modèle ? Ou bien sont-elles liées en partie ou totalement aux variables déjà incluses dans le modèle ? Les méthodes statistiques permettent de donner cette précision et de ne retenir que des éléments qui réduisent progressivement le facteur non expliqué.

On aboutit ainsi à mieux décrire la réalité, et surtout à mieux connaître les causes. Il faut évidemment supposer que les variables introduites peuvent être l'objet de mesures statistiques quantitatives et pas seulement qualitatives.

Le modèle permet d'agir sur la réalité.

Pour avoir une politique économique, il faut savoir ce que la décision prise aujourd'hui aura pour résultat demain. Il faut donc tenir compte du temps, et dater les phénomènes. Cette nécessité oblige à compléter le modèle

Toujours en considérant la relation consommation, revenu, prix des produits, etc., on ne peut dès lors négliger le fait que la consommation, fonction du revenu de la période présente, des prix actuels, est aussi, dans une mesure qu'il faut calculer, fonction du revenu et des prix antérieurs.

On introduit ainsi le temps dans le modèle ; cette introduction n'a pas seulement pour but de pouvoir agir sur la variable endogène, ici la consommation, par l'intermédiaire des autres variables. Elle a également pour résultat de mieux saisir et de mieux expliquer la réalité. Le modèle qui était statique, ne considérait les phénomènes que dans leur rapport présent, est devenu dynamique, c'est-à-dire les relie entre eux à travers le temps.

Utilisation des modèles économétriques.

On peut craindre qu'un modèle qui est simplification de la réalité soit malgré les précautions prises et les « enrichissements » successifs une trahison de la réalité, en raison des nombreuses variables qualitatives non mesurables que le modèle est obligé de négliger.

Cette trahison ou cette déformation de la réalité par le modèle existe forcément ; mais la supériorité du modèle sur l'analyse purement descriptive est que le modèle permet de préciser dans quelle mesure la réalité est déformée, alors que la seconde méthode ne le permet pas.

De plus, le perfectionnement des mesures statistiques et leur abondance au plan macroéconomique donnent à la technique du modèle une utilisation courante dans la recherche macro-économique. Dans ce cas, les variables pour nombreuses qu'elles soient, ont une incidence qui peut être plus aisément appréciée et chiffrée qu'au plan microéconomique. La science économique s'enrichit constamment de modèles de fonctionnement notamment en comptabilité nationale et de modèles de décision. Ces derniers notamment constituent un outil précieux qui précise les variables sur lesquelles peut porter la décision et les valeurs souhaitables de ces variables pour atteindre le but désiré.


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